Saison d’accouplement chez les marocains
Oui, elle existe, ce n’est ni l’effet de la faim ni de la soif du premier jour du Ramadan, c’est juste le temps d’en parler puisqu’elle vient de finir.
Etudions ce phénomène marocain :
La nuit de l’henné, la famille de la femme commence le rituel de l’accouplement, des professionnelles s’occupent d’orner les mains de la fille avec de l’henné (d’où le nom de la nuit) tandis qu’on fait la fête à coté avec les proches des familles.
Le lendemain commence la danse des tyafer (pluriel de teyfor) effectuée par la famille de l’homme où ceux qui la représentent ; plus il y a de tyafer (espèce de grands cônes en argent où l’on met des « offrandes »), plus l’homme est riche et aime sa future femme.
Vient après la partie mariage proprement dite, et l’inévitable séance 3ammarya avec les yeux de tous les invités braqués sur le nouveau couple qui s’en sort difficilement de la turbulence du trou d’air où le mettent les jeunes hommes aux djellaba multicolores (couleurs bongoss) qui s’occupent des 3ammaryat au milieu de tous les invités qui dansent de joie ou pour être vus tout simplement, en sachant que 80% des mariages s’arrangent pendant d’autres cérémonies de mariage (chiffres du CNSA* juin 2007).
Quand tu lis sur les yeux des jeunes mariés, tu verras les marques d’un énorme stress accentué par les ordres des neguafat « gless hna ! chouf hna ! chedd liha fyeddiha! Machi hakdak, ghir bchwia,….. »
Le dîner est servi, des spécialistes de l’anatomie du poulet laissent les plus timides à leur faim, sans rentrer dans les détails et les techniques pour dominer la table pour le reste du menu (pastilla & co).
Les mariés sont au bout de leur peine, ils ont mis sept habits différents tout au long de la nuit, il reste juste la dernière séance photos avant de quitter les lieux, il commence à faire jour et il leur est difficile de garder encore le sourire le temps des dizaines de photos qu’il leur faut prendre avec les invités. Et moi qui me disais que les pauvres animaux peinaient avec leurs rituels pour trouver un conjoint pendant la saison d’accouplement :)
Le lendemain, la critique des fêtes qui, loin de rester une activité purement féminine, a trouvé son chemin aux discussions des garçons autour des tables des cafés, on critique tout et rien, des vêtements des autres, à la danse des filles, au chanteur qui était 3ayyane parce qu’il n’a pas chanté l3alwa, au cadeau de 3bdlbasset qui n’était pas à la hauteur, à la viande du dîner qui était bien cuite mais devait passer une journée ou deux entre l’abatage et la cuisson (il a su que ce n’est pas le cas juste en goûtant, choumicha hada !) ….
La saison s’est terminée il y a deux jours avec la fin des congés d’Août, les matricules marocains remplissent les rues à nouveau, le poulet revient à son prix initial…. Dix mois de repos pour les neguafat en vue d’une meilleure saison l’année prochaine.
Lah yej3el koulchi mbarek w mes3oud :)
*CNSA : Centre National de Sti7ologie Avancée.
Ramadan moubarak said ;)
Atlas_eagle
2 septembre 2008 à 18:32
Merci beaucoup pr cette decription du mariage marrocain c’est vraiment marrant
4 septembre 2008 à 0:01
Trop fort Othmane, merci pour le billet, j’ai gardé le sourire au fur et à mesure que je lisais les descriptifs
o 3o9balek :p
19 septembre 2008 à 19:59
c’est trés bien decrit sauf que tu as oublié un autre rituel qui se passe au lendemain du mariage. Je te laisse deviner
28 novembre 2008 à 20:15
il n’y a rien à ajouter vous avez bien interpreter le rôle de la camera enfaite vous avez raison sur les statistiques c’est devenu comme une habitude chez presque toutes les familles marocaines de chercher un nouveau vectime ou une nouvelle vectime pour en faire une autre cérimonie
je trouve qu’un seul mot pour finir c’est qu’on a trop trop exagéré on donne une grande importance a notre image entre familles et amis mais on a oublié nos sentiments et nos capacités aussi de payer les factures qui se cumulent apres
12 décembre 2008 à 11:01
Merci pour ces informations et félicitations pour ce site