Le chercheur d’Art

Miss L. a toujours été une bonne élève. Elle a passé 3 ans au collège en excellant dans toutes les matières, ce qui a induit ces parents à lui conseiller instinctivement de faire sciences mathématiques au lycée. Mais Miss L. a toujours aimé les lettres et les arts, et éprouvait plus de plaisir à déchiffrer un extrait des Vedas que de se torturer les méninges avec les formules trigonométriques. Elle en parle alors à ses professeurs. Ils lui recommandent alors de laisser tomber une telle vocation, car dans notre beau pays, ça ne marche pas, et parce que ça serai dommage d’employer tant d’application et de passion ailleurs que dans la science.

Miss L. après de nombreux débats laisse alors tomber l’idée glamoureuse d’être étudiante en art. La voilà sous l’aile protectrice et stricte de tonton Newton, Si Thales et Bba Pythagore. Elle s’y plait et constate que la science aussi a un charme… Ses notes sont celles d’une bosseuse, termite de DimaDima et dévoreuse des épreuves de Bac. Miss L. se console aussi dans le restant de matières littéraires, ce qui consolide énormément ses moyennes. Elle passe le bac, l’obtient avec mention et se pose LA question : que faire après ?

Etant l’ainée, l’après bac pour Miss L. est un trou noir. Alors comme une amnésique à l’éveil, elle redemande conseil auprès de ses professeurs. La procédure est simple : on regarde directement vos notes en math et en physique et sans hésitation, on vous dit le mot magique : les Prépas. Mais qu’es ce donc que ce monde merveilleux et exotique dont le seul nom évoque peur, magie, frustration et convoitise chez tout les bacheliers scientifiques ?

C’est en demandant à un ancien du lycée rencontré par pur hasard au coin de la rue que Miss L. pu décréter des éléments de réponses : les prépas, c’est la vie des Viet-Cong…tant qu’à faire alors…

Et voila que Miss L. débarque dans la vie des prépas. Et entre le camp des pseudo-geeks robotiques et celui des hamsters qui pédalent sous pression, elle n’arrive pas vraiment à trouver chaussure à son pied. Elle a bien un esprit logique, force de forger, mais velléitaire et qui s’éteint au bout de quelques heures pour donner espace à l’accueil du Grand Morphée. Donc elle passe deux ans à trouver le « bon rythme » pour se rendre enfin compte que le seul qui lui sied, c’est le sien. Et ce n’est pas trop tard que Miss L. s’aperçoit aussi qu’elle a un atout majeur à ces coté, à savoir le les ruines littéraires qui lui reste d’une passion noyée à l’Atlantide. Et c’est cet atout qui la fera traverser le camp de survie préparatoire et terminateur.

Donc voilà Miss L. dans une école d’ingénieur. Elle voit les même faces, les mêmes comportements mais espère que ça changera…elle passe un an, un deuxième et puis un troisième entre projet copié et collé et examens préparé la veille, ou pas. Mademoiselle se laisse parfois envouter par le parascolaire, pour se réveiller par la claque d’une note atroce. Résultat d’un TP qu’elle a passé coincée devant un code qui refuse pertinemment de compiler …le « Hello world » affiché sur l’écran relève de l’exploit.

Miss L. s’énerve alors et déprime. Elle sait qu’elle ne peut plus faire marche arrière avec son Bac qui date de l’ère jurassique, et qu’au point ou elle est, il lui est plus facile de persévérer dans la voie qui l’emporte que de suivre la voix qui résonne dans sa tête appelant à l’accomplissement. Ceci dit, elle s’est aussi imprégnée de cette arrogance numérique de vouloir maitriser, comprendre, dompter…

Et c’est ainsi que Miss L. se demande maintenant si elle doit claquer la porte à l’ingénierie, à sa date de naissance qui lui rappel qu’elle est produit du millénaire passé, à ses méninges qui réclament repos et stabilité…et changer le courant des choses, de gré ou de force, pour poursuivre ses rêves écrasés, mais toujours présent.

Pour le moment, Miss L. me dit qu’elle va se contenter d’aller se préparer une tisane et regarder un bon film américain avec le minimum de capacité cognitive à employer. Je lui ai conseillé une série dont on peut deviner la suite avec la moelle épinière d’une grenouille. C’est vrai que ça tranquillise les questions existentielles, pour le moment…

Roushei

4 commentaires pour “Le chercheur d’Art”

  1. !!! karim !!! dit :

    Trés bon article, bon début Roushei :D
    Sinon cette histoire me rappelle celle de Fouad Laroui, qui dans ces années lycée, voulait s’orienter dans une branche litéraire, mais son prof de math à refuser, par ce qu’il etait son meilleur element en classe, et donc le gars est passé dans une branche scientifique, la suite vous la connaisser il a fait des prepas à Lyautey, ensuite il a integré les ponts puis les mines, en plus d’un 3éme cycle en économetrie, mais en aucun cas il n’a laissé sa passion à savoir la literature, et voilà il a ecrit plusieurs livres dont les dents du topographe, mefiez-vous des parachutistes…..
    P.S: Merci qui ? merci sneak ! :closedeyes:
    P.S2: Roushei sait de quoi je parle :D

  2. Roushei dit :

    oh que si ^-^ merci!

  3. younesman dit :

    joli article! Miss L. est l’incarnation de la quasi majorité des “premiers” de leurs classes ; Quand on est fort en maths et en histoire, on nous oriente vers sc. maths pour finir devant un PC 40 heures par semaine, alors qu’on aurait pu être un très bon historien, ou un grand écrivain écrivain…

    Au Maroc on n’a autant besoin d’esprits (chercheurs, écrivains,philosophes,…) que de professionnels (ingénieurs, vendeurs, mécaniciens,…).

  4. Adamito! dit :

    Je partage l’avis de l’auteur !
    J’ai eu cette année mon bac SM (15,32 SVP :D). J’étais été admis en classe prépa mais j’ai pas l’intention d’y aller :)

    voir mon blog http://www.adamito.ma pour plus d’infos :)

    Adam

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