Dans la peau d’un rescapé (2ème épisode)
Dans ce qui suit, vous allez découvrir comment on a réussi à atteindre notre pays après un long vol aérien depuis la capitale syrienne.
Arrivés à l’hôtel très tôt le matin, chacun a pris les clés de sa chambre et ne voulait que s’allonger et dormir quelques heures loin des horribles sons des F16 et des bombardements.
Au matin et après avoir pris le petit déjeuner, on s’était réuni pour voir comment on pouvait regagner notre pays. La première des choses était de contacter l’ambassade du Maroc pour leur faire savoir qu’on est en Syrie et voir avec eux les possibilités d’une évacuation. Chose faite, on nous a dit qu’ils n’ont aucune instruction et si quelque chose doit se décider c’est à Rabat que ça se fait et non ici. Mouhim, on nous a demandé de laisser nos coordonnées et s’il y a du nouveau ils vont nous tenir informer.
N’ayant pas apprécié les propos des responsables de l’ambassade, on cherchait d’autres pistes. Des vols directs entre la Syrie et le Maroc il n’y en a pas. En plus, tous les vols depuis Damas vers toutes les destinations affichaient complet. La seule alternative était de passer un pays frontalier avant de prendre un vol vers le Maroc c’est à dire passer par la Jordanie ou la Turquie.
Vers 16h, coup de téléphone de l’ambassade. On nous prévient que le Maroc prendra en charge notre retour et qu’un avion sera à Damas le lendemain. On doit se rendre à l’ambassade le plus tôt possible. Après cette bonne nouvelle, on a réservé un car pour nous emmener à l’ambassade. Départ prévu à 21h. Nous profitons du temps qu’il nous reste pour faire une courte visite de la ville.
Hama est vraisemblablement une ville très religieuse et très conservatrice. Aucune fille ne se balade seule et la plupart d’entre elles sont voilés. Les gens sont très chaleureux surtout qu’on ils savent qu’on vient du Maroc. La première des choses qu’ils nous disent c’est “Nass Lghiwane”. Ce groupe est très apprécié en Syrie et la plupart des syriens connaissent au moins une de leur chansons.
Pour l’histoire, Hama fut le théâtre d’affrontement entre les habitants de la ville à majorité sunnites et le Baath, le parti au pouvoir. La ville était assiégée et bombardée durant un mois et plusieurs opposants au pouvoir se sont vu arrêtés et torturés. Les habitants de cette ville n’ont toujours pas confiance au régime en place. C’est ce qui explique, d’après les quelques discussions qu’on a eu, la présence d’armes dans tous les foyers de la ville.
A 21h précise, nous empruntons le car à destination de Damas et plus précisément l’ambassade du Maroc. Durant ce trajet, nous avons eu de plaisir de voir un film de Jet Lee traduit en arabe : du jamais vu. Au alentour de minuit, on atteint Damas. Dans la ville et à cette période là, on voyait des drapeaux du Hizbollah partout : c’est du soutien émotionnel. Nous, on ne soutenait aucune des parties. Notre seule préoccupation était de revenir au Maroc. A un certain moment, le chauffeur du car entre dans un quartier résidentiel. On nous informe que l’ambassade est dans le coin mais exactement où Allah o a3lam. Il fallait recontacter l’ambassade pour que quelqu’un vient nous chercher.
Une fois à l’ambassade, je me suis rappelé quelques films américains que j’avait vu auparavant dans lesquels des personnages atteignaient l’ambassade des états unis pour se réfugier. L’accueil était, vraiment, chaleureux. L’ambassadeur en personne était à notre arrivée ; c’est son travaille plus au moins. On nous demande de leurs donner quelques informations : smit bak, smit mook,….
Une nuit un peu spéciale celle qu’on a vécu à l’ambassade. Tout le monde était dans le jardin : nous mais aussi quelques autres marocains qui venaient directement du Liban dont quelques personnalités que je ne vais pas citer les noms. Très tôt le matin, on nous a réveillé en nous disant qu’il faut aller à l’aéroport. Les responsables de l’ambassade procédaient à un comptage des gens au moment où quelques pilotes militaires entrent à l’ambassade : certainement pour se reposer. C’est là où on nous informe qu’on fera le trajet Damas-Rabat par avion militaire, la C-130 précisément.
Si je me rappelle bien, on n’était à l’aéroport vers 7h du matin et il fallait attendre. Notre vol n’était pas signalé dans le tableau d’affichage. On ne savait pas à quelle heure est le décollage et personne n’avait l’information. Il fallait attendre ! A un certain moment, on aperçoit des figures familières. C’était les militaires de ce matin.
Quelques dizaines de minutes après, les responsables de l’ambassade, qui nous accompagnaient, nous demande de se présenter à la douane. On n’a pas fait la queue; c’était génial vu le nombre de voyageurs qu’il y avait. Après quelques minutes, on nous accompagne à l’avion et là, on aperçoit 2 avions militaires marocaines : Il y avait un autre groupe de marocains qui allait venir du Liban et emprunter le 2ème avion.
Une fois dans l’avion, on s’aperçoit qu’il n y a pas de sièges (walou, nada,…), il y avait seulement des filets, comme ceux avec lesquels on pêche les poissons, qui font usage de sièges. Ces soit disant sièges était très cloisonnés. Mais bon, on s’était débrouillé pour recaser tout le monde. Dans l’avion, tout le monde voit tout le monde. C’est comme si on était dans un open space. C’est un open space. La seule toilette qui existe est dans l’open space et sans porte. Mais bon. On nous informe qu’on fera un escale à Athènes.
Au décollage, l’avion faisait un tel bruit qu’il était impossible de ne pas mettre ses mains sur les oreilles. Une fois l’avion dans l’air, le bruit est toujours là. Si tu veux discuter avec la personne à coté il fallait s’approcher de ses oreilles pour qu’il arrive à t’entendre. Ce problème est, si je ne me trompe pas, dû au fait que les avions militaires volent à basse altitude ce qui crée une forte nuisance sonore due au bruit des moteurs.
Après quelques heures de vols, on nous annonce la descente à Athènes. Une fois l’avion au sol, des gens eurent l’idée de ne plus remonter dans l’avion. Ils exigent de continuer le trajet sur un vol commercial. Je ne savais pas ce qu’avait ces gens là dans le crane. Cet avion est la plus sûr qu’il y a. En plus, nous, on voulait atteindre le Maroc point barre. En tout cas, ça nous a pris beaucoup de temps pour les convaincre. On décolle avec une heure de retard.
Quelques minutes après minuit, on atterrit à l’aéroport Rabat-Salé. Une cérémonie était organisée en notre honneur avec la présence de plusieurs responsables. Une heure et demi après j’étais chez moi et l’histoire se termine.
Vous savez, j’ai tiré beaucoup d’enseignements de cette expérience. La vie ne vaut rien, elle ne tient qu’à un fil. Il faut, toujours, être prêt à la quitter. Ce n’est qu’une étape qui va finir un jour. Quand vous regardez ces gens qui vivent quotidiennement dans la guerre, dans l’insécurité, dans la crainte, dans l’espoir d’être en vie le lendemain, il faut tjrs s’estimer heureux et dire Hamdoulillah llathi najjana mimma btala bihi katirane mina annas.
The end
16 avril 2008 à 23:36
w fin hyya precedemment dans prison break
18 avril 2008 à 17:33
a7777777, je sais ce que c’est que ce vol sur le C-130, j’y ai passé 13heures de mon existence:D
en fait, cet avion n’est pas conçu pour être confortable quoique sa cabine est conçu pour transporter differents types de “cargo”, on peut même y installer des siéges confortables en rangées comme ds une salle de cinema, mais vous n’avez eu droit qu’au siéges parachutistes conçus pour recevoir des hommes pendant quelques dizaines de minutes avant de les larguer quelque part et non pour fair un voyage Damas-Rabat:)
pour le bruit, c’est pas question d’altitude, mais il s’agit de revetement interne de la cellule, on investit pas trop pour le confort ds les avions militaires, tandis que pour les avions commerciaux c’est le souci N°1, d’où l’isolement sonore sur les appareils civils.
toutefois il est vrai que plus haut tu voles, moins de bruit tu provoques, mais ce n’est pas l’origine du bruit qu’entendent les passagers du C-130.
re 3la slamtek khouya yassir:)
19 avril 2008 à 9:58
@Lina : hadi fltat liya
@Othmane : on a passé presque le même nombre d’heures f dik l’avion sauf que moi je suis civil et en plus c’était dé99a wa7da. C’est un exploit, non?
:)
Merci be3da pour toutes les explications que t’as donné. wa nsit, kan khassni ngoul lik tchra7 liya hadchi ch7al hadi
21 avril 2008 à 9:46
merci yassir pour cette évasion pleine d’enseignement, j’ai trop aimé le récit…
et tu la’s bien dit, morale de la chose, il faut se rendre compte de la chance que nous avons, être conscient du sens de notre existence sur terre. Toi peut être tu l’as bien réalisé après ce que tu as vécu. ça avait certes l’image d’une réelle aventure (estime toi heureux qd même ça n’arrive pas à tout le monde ce genre de choses :)) mais honnêtement, la vie est pleine d’enseignement il faut juste être vigilant et lucide pr en tirer les leçons. finalement, donya bala2 o li faz howa li fhem o khda l 3ibar…lmohim lah i7ssen l3a9iba o khlass
@othmane : intéressant les explications merra merra afidna
26 avril 2008 à 13:48
On attend la suite
26 avril 2008 à 20:57
ina suite à hadik lmbaw9a ?
sinon tres bon article Yassir, quoique 7armo 3likom les vacances :S
26 avril 2008 à 21:51
Wa ma curiosité est trop forte
masskhitch lol
2 mai 2008 à 8:14
3la slamtek monsieur yassir!c’étais une vrai aventure!
comme tu l’as dit c’est rare quand on se rappelle qu’on est que des passagers, qu’on aura juste le temps de remplir la petite 9ofa pr le grd jour!
c’est grave que l’on arrive à croir parfois qu’on vivra pr tjr, ou encore que l’on est en complet control(une expresssion qu’on entend de plus en plus par soit disant “lmass2ouline” et qui ne signale que leur faiblesse!!)
fine ou fine, que l’on ouvre les yeux pr voir la réalité!et qu’on les ouvre, on tjr empressé de les refermer pr revivre le beau reve!(un reve qui se transformera en cauchemar soon or later)
merci yassir, marci du fond du coeur pr ce short look que tu ns as offert!