Protocole de Kyoto
Il y a quelques années, même les imaginations les plus fertiles n’auraient pas osé imaginer que le CO2 serait coté en bourse aujourd’hui ! Ne vous frottez pas les yeux, vous avez bien lu…. Bientôt, on verra à la fin du journal télévisé les cours de change des devises, du pétrole, de l’or, et du dioxyde de carbone !
Le prix actuelle du tonne de CO2 en France ne dépasse pas les 20 euros, mais plus pour longtemps, les prix vont flamber dans les années à venir. C’est l’un des résultats du protocole de Kyoto, mais pas le seul…
Réchauffement climatique :
On évalue la hausse de température pendant le siècle dernier à 0.6°, c’est la plus grande hausse depuis 1000ans, et on estime qu’elle sera de 1.8° à 5.4° pendant le 21éme siècle, et sera accompagnée d’une hausse du niveau des mers de 60cm !
Pourquoi ?
La terre reçoit l’énergie du rayonnement solaire, en réfléchît une partie et en absorbe une autre, c’est la partie absorbée qui sera émise par le sol sous forme de rayonnement infrarouge que certains gaz fixent dans l’atmosphère causant ainsi le réchauffement de la planète. Le phénomène s’appelle l’effet de serre.
Sans cet effet, la température de la terre serait de -18°C en moyenne au lieu de 10°C actuellement. C’est donc un phénomène essentiel pour la vie sur Terre ; le problème survient lorsqu’il y a augmentation des quantités de gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, CFC, méthane….) dans l’atmosphère, car cela a pour conséquence l’augmentation de la température.
Quelques dates :
1979 : premier sommet sur le climat, début de la prise de conscience internationale de l’existence de changements climatiques.
1985 : convention de vienne, concernant la protection de la couche d’Ozone.
1987 : protocole de Montréal complétant la convention de Vienne, accord visant l’interdiction de la production des substances appauvrissant la couche d’ozone.
1988 : fondation du Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) par l’organisation météorologique mondiale et le programme des Nations Unies pour l’environnement, le groupe de quelques 2500 scientifiques est chargé de collecter des données scientifiques, techniques et socio-économiques afin d’envisager les risques des changements climatiques liés aux activités humaines et élaborer des stratégies éventuelles de prévention et d’adaptation.
1992 : premier sommet de la Terre à Rio. Basés sur les données du rapport émis par le GIEC en 1990 et mis à jour en 1992, les Etats présents ont signé la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.
1997 : Protocole de Kyoto, suite de la convention de Rio.
Le protocole de Kyoto:
Il représente le volet concret de la convention-cadre de Rio, c’est un ensemble d’engagements pris par quelques pays industrialisés à réduire ou maintenir constants les taux d’émission de CO2 (pour standardiser on utilise l’équivalent CO2 pour englober tous les gaz à effet de serre au lieu d’en parler un par un), ainsi l’Union Européenne s’engage à réduire ses émissions de 8%*, le japon et le Canada de 6%*, les Etats-Unis quant à eux, se sont engagés en 1997 à réduire leurs émissions de 7%* avant d’annuler le projet et se retirer du protocole en 2001.
* : Tous les pourcentages sont donnés en équivalent CO2 et par rapport aux taux d’émission en 1990, les pays concernés doivent honorer leurs engagements entre 2008 et 2012.
Ce protocole est sujet de plusieurs réunions des pays concernés (La Haye 2000, Bonn et Marrakech 2001….) pour finaliser et se mettre d’accord sur les mécanismes de réalisation et contrôle de ces engagements, et aussi pour prévoir un plan d’action pour l’après 2012.
Ce protocole, permettrait -s’il est respecté- d’éviter le pire pour la vie sur Terre, mais ce n’est qu’un premier pas sur le long chemin de correction des erreurs que commet l’humanité depuis le 19éme siècle.
Il est toutefois à signaler que les effets des actions entreprises dans ce cadre ne seront pas ressenties dans un futur proche puisque la durée de vie du CO2 dans l’atmosphère dépasse les 100 ans ; ainsi, dans l’air que tu viens d’aspirer, il se peut qu’il y ait des molécules de CO2 produites par l’une des premières voitures du monde! Imaginez combien de temps nous faudra-t-il pour fixer tout l’excès de dioxyde de carbone actuel !
Mécanismes de réalisation des engagements de Kyoto :
Permis d’émission négociables :
Nous venons de voir que le protocole prévoit d’attribuer à chaque pays un quota d’émission de CO2, il est donc du devoir de chaque Etat de répartir ce quota entre ses industriels ; comment le faire ? Comment le contrôler ? Comment réagir aux infractions ?
L’eternel divergence entre les points de vues américain et européen a trouvé une fois de plus un champ pour se matérialiser :
- Les européens penchaient vers le coté juridique : produire des textes de lois qui punirait tout dépassement des quotas alloués aux industriels. Cette solution est venue remplacer la première proposition française qui consistait à taxer les émissions de CO2.
- Les américains proposent une solution plus flexible, l’achat des droits d’émission de CO2 (permis d’émission négociables), ainsi une usine qui a émis moins de CO2 que prévu par son quota pourrait vendre la différence à une usine qui a besoin d’emmètre plus que son quota, et cela selon les lois du marché.
La solution américaine a été adoptée, elle permet d’encourager l’investissement dans le domaine des énergies renouvelables là où c’est le moins cher (là où il y a plus de soleil, de vent, d’énergie géothermique…), on arrivera donc à préserver les intérêts des industriels tout en ayant le même bilan d’émission à l’échelle planétaire.
C’est comme ça qu’une bourse européenne de permis d’émission a vu le jour en 2005 et a intégré le système mondial d’échange en 2008 ; le prix du tonne de CO2 y est évalué à 15 euros, il était à l’ouverture en 2005 estimé à 22euros mais le prix a chuté jusqu’à moins d’un euro, est cela à cause de la France qui a surestimé les quotas de ses industriels et a créé ainsi une offre nettement supérieure à la demande, ce qui est à éviter en 2008.
Mise en œuvre conjointe:
C’est un autre mécanisme flexible d’application du protocole, il permet d’augmenter le quota des pays qui font des efforts en matière de protection de l’environnement (ces efforts sont appelés des puits de CO2 puisqu’ils permettent de l’emmagasiner), ainsi un pays qui crée des forets par exemples bénéficiera d’une augmentation du quota qui lui est alloué.
Mécanisme de développement propre:
Ça permet d’augmenter le quota alloué à un pays lorsqu’il présente un projet de développement industriel qui adopte des moyens de production plus propres, ce mécanisme concerne surtout les pays en voie de développement.
Les Etats trouvent toujours des difficultés à trouver un système qui s’adapterait au secteur des transports qui reste l’un des principaux producteurs de CO2 de la planète.
La face cachée :
Ce protocole est assez ambitieux et réaliste, mais est-il juste ? Les pays du tiers monde reprochent aux puissances le fait que la répartition des quotas soit basée sur la situation actuelle et non sur le principe de l’égalité d’émission par individu.
Incapables d’être justes, même face à un danger si menaçant, nous, humains, continuons à suivre la loi «naturelle » du plus fort.
Atlas_eagle
3 avril 2008 à 21:53
merci atlas-eagle pour cet article et j’avoue que ça tombe bien avec cette bouffée de chaleur qui envahit le pays ces jours ci, ça s’annonce mal !
ce qui m’a intrigué est le truc de la cotation des droits d’émission ! de là à arriver à ce stade, ça me rebute tout de même de voir comment tout est détourné pour le peindre d’une touche commerciale !
quelles que soient les résolutions de ce protocole, tant que l’on privilégie des aspects non humains à la question, on finit souvent par avoir ce genre de solutions (juriques ou économiques,….). je ne sais pas mais sincèrement au point où nous sommes, les dégats sont déjà ressentis et si l’on continue dans ce trend d’ici le sicèle prochain je ne voudrait même imaginer le sort par forcément de nous mais des générations à venir, ça s’annonce mal encore une fois……
5 avril 2008 à 18:46
t’as bien fait d’évoquer ce sujet. la question de l’environnement n’est pas pour autant résolu par le protocole de kyoto. je crois que le fait d’avoir une bourse de CO2 ne fera pas du tout l’affaire.
Le coût associé au droit d’émission des gaz a effet de serre ne sera qu’un cout supplémentaire au niveau des usines. Ce cout sera par la suite répercuter dans le prix final des produits et donc du moment où les entreprises vont faire subir cette augmentation du cout de production au client ils ne vont guerre se soucier de la question environnementale.
5 avril 2008 à 22:57
@ayame: les industriels ne se preoccupent pas trop des questions de l’environnement, il faut bien s’adresser à eux dans un langage qu’ils comprennent……. quoi de mieux que de leur parler argent!! je vois que l’idée de vente des droits d’emission est la meilleure solution quoique ça te choque qu’on puisse parler argent meme pour sauver cette planéte.
@yassir: si ttes les usines pensent comme tu as supposé, elles depasseront ttes leurs quotas, et n’auront par consequent aucun fournisseur de permis d’emission; il faut bien alors faire des efforts pour reduire le degagement de CO2.