Dans la peau d’un rescapé (1ère partie)
Une expérience comme celle que j’ai vécu est très spéciale. Je ne crois pas que l’un de vous l’a vécu et j’espère pour vous ne pas la vivre. Être au mauvais moment et surtout au mauvais endroit n’est pas chose facile et ressortir idemn n’est qu’un miracle du bon dieu.
Ce qui suit est la première partie d’une histoire réele que je vais essayer de vous faire vivre tout en étant bien assis devant vos ordinateurs. La deuxième partie sera postée dans les jours à venir. Bonne lecture à vous tous.
L’histoire commence le dimanche 9 juillet 2006, j’étais avec des amis, que le sort nous a regroupé par hasard, à l’aéroport Mohamed V très tôt le matin. On devait prendre l’un des avions de notre chère compagnie aérienne RAM. 8h du matin précise, l’avion entame son décollage. Elle atterrit dans un aéroport qui porte le nom d’un homme celebre cinq heures plutart. Cet homme venait d’être assassiné quelques mois auparavant. C’était l’aéroport Rafiq Hariri à Beyrouth.
Arrivé à l’hôtel qui se situe à quelques kilomètres de l’aéroport, dans la partie chrétienne de la ville (Al Hazmeia pour ceux d’entre vous qui connaissent un peu Beyrouth), et après le check in, direction le Downtown Beyrouth (Centre Ville). Je suis tombé sous le charme non seulement de la ville mais aussi de ses gens. Des jolies filles partout (o tgoul wa7da khayba lddwa). C’est là qu’une scène que j’avais vu dans une pièce théâtrale me vient à l’esprit. C’était dans ” madrassat almouchaghibine” ou l’un des acteurs disait qu’à beirouth les cours sont très facile ( mou9arrarate sahla awwi ). 3ajbatkoum hadi a drari, yak !
Revenons à nos moutons. Je passais des journées extra. Le matin salle de gym et piscine. L’après midi, un petit café dans le Downtown Beirouth et une tournée en ville avant de passer la soirée à roder par-ci par-là ;). Mercredi matin, en étant dans la salle de gym, on voit à la Télé que le Hizbollah a enlevé des soldats israéliens. A cet instant, on n’a pas prêté attention à cette info et on a passé normalement notre journée. C’est là où l’histoire commence.
Cette nuit là, il y avait une cérémonie de mariage à l’hôtel. Vers 1h du matin, ils commencèrent à lancer des feux d’artifices qui faisaient un tel bruit que j’ai cru entendre un bombardement (quelle coïncidence ! !). Quelques heures plus tard, j’entendais pratiquement le même bruit. J’étais énervé parce que ce bruit ne me laissait pas dormir d’autant plus que cette fois-ci ça dure plus longtemps et la personne avec qui j’étais dans la chambre plongeait dans un profond sommeil comme si rien ne se passait. Cette fois-ci, c’était des F-16 israéliens entrains de bombarder l’aéroport. Qui dit aéroport bombardé dit trafic aérien gelé c’est à dire la catastrophe : l’issue de secours n’existe plus. En plus, ils ont même frappé la route terrestre qui relie Beyrouth à Damas. Silence totale, on ne rigole plus là.
Au Matin du jeudi, dans le Hall de l’hôtel, tout le monde regarde les infos ou essaye de contacter ses proches. Bref, tout le monde a peur. Les libanais quant à eux, continuaient leur journée comme si de rien n’était. Ils disaient que c’est normale, que ça se passe de temps en temps, n’ayez pas peur,… Bref, n’étant pas habitué à ce genre de situation, c’était le cataclysme pour nous. Je ne vous raconte pas comment on a passé cette journée. En plus, quand les américains, britanniques et australiens commencent à vider leurs ambassades, ceci veut dire qu’il a un grand coup qui se prépare.
La nuit tombe, une autre histoire commence. Les bombardements s’intensifient, Les F-16 sont à porté de vue, quand elles passent devant l’hôtel, les vitres vibraient très fort comme dans les séismes et l’intensité sonore de ces apparaeils ont failli nous oter l’ouie. On nous demande d’éteindre la lumière et de se regrouper dans le grenier. Les choses sérieuses commencent. C’était la nuit la plus chaude de ma vie ( au sens de la cata biensure). Des gens qui pleurent, d’autres qui lisent le coran, d’autres entrains de prier. Moi, personnellement, je disais tout le temps la shahada. Hé oui, quand on voit la probabilité de mourir tendre vers 1, c’est la seule chose qu’on peut faire. Chaque missile qui tombait, je disais hamdoullah on est encore en vie, c’était comme si je regardais un film américain. Mais Hélas, ceci n’est pas un film.
Au lever du soleil, il fallait trouver un moyen pour quitter le Liban. On a appelé notre ambassade à Beyrouth, mais il n’y avait aucune instruction pour évacuer les marocains en ce moment. Vers 14h00, les personnes qui assuraient notre séjour, nous informent qu’il faut absolument quitter le pays. La situation risque de dégénérer. Ils nous ont loué un car pour nous emmener en Syrie via le nord du Liban. C’était la seule issue même si elle est risquée. N’ayant pas le choix, on est parti; on devait tenter notre chance.
Normalement nous devions atteindre le poste frontalier “Alabboudia” en 2h30 de route. Ce n’était pas le cas, la route était submergé de voitures, tout le monde fuyait la guerre, les hommes comme les femmes, les vieux comme les enfants. Bref, c’était ”mission survive ”. Vers 19h, on atteint la Douane Libanaise et là tout le monde devait descendre pour cacheter son passeport. Prochaine étape: la douane syrienne (entre les deux douanes, il a un peu près deux kilomètres). Après quelques centaines de mètres, le car s’est arrêté. Les autorités syriennes ont bloqué l’entrée au pays (3la zher). Ce n’est qu’après trois heures d’attente qu’on commence à bouger. En arrivant au poste douanier, il fallait donner du bakchich aux syriens sinon on risquait de passer la nuit ici. Apparemment c’est comme ça que ça marche chez eux (chez nous 7tta 7na yallah). Chacun de nous a donné 50$.
Lmouhim, ça nous a facilité beaucoup de choses surtout le fait de quitter le Liban et d’être en sécurité. Après quelques kilomètres de routes, on atteint la ville syrienne de Hama où on s’était installé dans un hôtel le temps de savoir comment on allait regagner notre pays. Là C’est une autre histoire…
To be continued
13 mars 2008 à 14:29
on dirait une épisode de prison break là yassir
13 mars 2008 à 15:23
ana bghit ghi n3ref chjab prsion break lhadchi
loubna zayri un peu 3afa khti.
sinon 3la slamtek a bba yassir, j’avais vu tes photos au liban sur facebook, mais j’avais jamais pensé que tu a convergé vers la mort localement (pour ne pas s’eloigner de ta proba).
nari ch7al khayba lmoot surtout si ça vient juste aprés avoir vu les belles nanas libanises…
13 mars 2008 à 16:04
Moi je pense surtout à ceux qui vivent cette situation au quotidien!!!Imaginer que cette angoisse fait parti des meubles,ils la trouvent même assez normale quoi,rien d’alarmant,ils font avec :s
Allah yakhoud l7e99!!
13 mars 2008 à 16:07
j’avoue que ton histoire m’a sidéré ! primo 3la slamtek ( mêem si c tard encore uenfoie !). secondo, là c’est une expérience à ne pas revivre deux fois. pourtant, c’est aussi uen occasion d’en retirer des tas d’enseignements :
- 7amodlah on vit dans la sécurité totale ;
- on devrait nosu sentir coupable de mener notre vie comme si de rien n’était alors qeu nos frères sont bombardés et tués ici et ailleurs !
- la mort permet davantage d’apprécierla vie et celui qui en a vécu l’expérience devrait se demander un tas de choses sur son courant…
merci yasser et >7amdolah que tu t’en es sorti sain et sauf…
13 mars 2008 à 16:14
Tle3t chirrira fl9issa: Yassir 3la slamtek a khay w Al7amdoulah 3la letf Allah
Bon coté des choses: c’est mieux que les montagnes russes en sensations fortes
PS: Non à la corruption :closedeyes:
13 mars 2008 à 16:29
hamid baraka mn ta3ali9 lli goultha kat3la9 3liha, prison break za3ma parce que tout simplement c’est plein de suspens, wach matfhamch rrask hadi, khasni darouri nchr7ha lik ?
13 mars 2008 à 16:49
apres un an et demi je te redis 3la slamtek a zine:)
lina, les montagnes russes 3ad jayyine, 7ra9t lik lfilm a yassir:)just kidding.
13 mars 2008 à 20:11
De la tres bonne ecriture ,une dose de suspens et une histoire a couper le souffle..
D’habitude je ne vois ces trucs qu’en films ou documentaires..Mais la ca commence a resonner vrai!!
Dieu sait comment les gens qui confrontent ceci quotidiennement réussissent a vivre avec…
Bravo Et 3la slamtek
13 mars 2008 à 21:35
Merci tt le monde.
En fait c’est une expérience qui m’a fait vraiment changer la perception de la vie.
en tt cas comme l’a dit Ayame, khassna nhamdou allah qu’on vit en sécurité.
14 mars 2008 à 12:34
j’ai beaucoup aimé le billet!! beaucoup de suspens :p
14 mars 2008 à 20:30
Khay Yassir, 3la slamtek!
Magnifique le billet… On attend la suite!